Soutenir les médias d’information

 Dans Economie, Education, Marseille

Soutenir les médias, c’est contribuer à faire vivre la démocratie. Défendre la liberté de la presse, c’est permettre à chacun de faire entendre sa voix et de renforcer le vivre-ensemble. Soutenir une presse libre, c’est s’opposer concrètement à ceux qui la musèlent et permettre à chaque citoyen de disposer d’une information diversifiée et de qualité. Un soutien qui donne tout son sens à la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité »

Constat

Le paysage médiatique en Paca s’est considérablement réduit au cours des quinze dernières années avec la disparition progressive de nombreux supports d’information de presse écrite et audiovisuelle : il reste aujourd’hui deux quotidiens généralistes majeurs, Nice-Matin et la Provence dont la diffusion a baissé de près de 20% ces dix dernières années (170.000 exemplaires par jour). La Marseillaise connaît pour sa part des difficultés récurrentes et une presse dite « pas pareille » tente également de survivre dans ce paysage médiatique sinistré, comme c’est le cas du Ravi dont la disparition a pu être récemment évitée grâce à un financement participatif. Se développent enfin ceux que l’on nomme désormais les « pure players », des médias disponibles uniquement sur Internet. C’est le cas par exemple de Marsactu, de Destimed ou de Go-Met qui arrivent progressivement à s’inscrire dans le paysage médiatique local et qui augmentent régulièrement leur lectorat, mais qui demeurent extrêmement fragiles.

Enfin, par comparaison avec toutes les autres grandes régions métropolitaines, la nôtre manque cruellement de médias économiques, aptes à faciliter l’échange d’information au sein d’un tissus d’entreprises qui accède peu à l’actualité micro-économique régionale.

Il ressort de cette présentation succincte que l’écosystème de la presse en Paca est extrêmement fragile, avec pour conséquence que les citoyens et les acteurs économiques, politiques et sociaux de la Région ne disposent pas d’une diversité de supports de presse leur permettant de bénéficier d’une information suffisante, objective et indépendante.

Propositions

1- Participer au financement d’une « friche » pour les médias.

Elle permettrait d’offrir un lieu commun aux entreprises de presse intéressées dans lequel elles pourraient disposer de locaux à loyer préférentiel, de moyens généraux, d’assistance technique et juridique mutualisées,…

Les institutions publiques, en offrant leur concours, donneraient en outre une visibilité au projet permettant aux médias participants de solliciter plus facilement des financements privés ou participatifs. Le projet offrirait aussi aux institutions publiques d’illustrer concrètement leur volonté de défendre les media d’information locale comme un secteur d’activité stratégique pour le territoire régional.

2- Soutenir les associations investies dans l’éducation aux médias

Jusqu’en 2015, le Conseil régional Paca octroyait une subvention aux associations impliquées dans l’éducation aux médias. Celle-ci pouvait prendre la forme d’intervention dans les établissements scolaires ou dans les quartiers populaires, auprès d’habitants souvent mal insérés socialement. Ces subventions ont été supprimées.

Aussi modestes soient-elles, les actions menées ont pourtant plus que jamais leur nécessité.

Cette éducation aux médias devient aujourd’hui essentielle si l’on souhaite apprendre aux jeunes à s’informer face au phénomène grandissant des fausses informations ou « fake news ». Elle permet en outre d’aborder des thèmes aussi essentiels que le vivre-ensemble, la tolérance ou encore la défense de la laïcité face à tous les communautarismes.

3- Soutenir la presse méditerranéenne

Marseille, porte du Sud écrivait Albert Londres, figure tutélaire s’il en est de notre tradition journalistique. Plus que jamais, alors que le pourtour méditerranéen connait des soubresauts géopolitiques qui poussent des centaines de milliers de personnes à tenter de gagner l’Europe, la Région Sud pourrait fédérer des initiatives visant à protéger, accueillir et promouvoir les représentants de la presse méditerranéenne. Des journalistes qui, de la Tunisie à Malte, en passant par le Liban, Israël, le Maroc, les Territoires Palestiniens ou bien sûr la Syrie se battent au quotidien pour maintenir ou développer une presse libre et indépendante.

Un lieu pourrait leur être consacré sur le modèle de la maison des journalistes à Paris. Et où mieux qu’à Marseille pourrait s’installer ce symbole d’ouverture vers nos voisins méditerranéens ?

Note du 28 août 2018

Rédacteur référent sur le thème de la presse d’information : Franck Weil-Rabaud

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